RDC: au moins deux morts dans l’attaque d’un convoi de la Monusco

mediaUne patrouille de Casques bleus dans le Nord-Kivu, 10 avril 2015.Photo MONUSCO/Abel Kavanagh

En RDC, un peu plus de 24h après l’attaque d’un hélicoptère de la mission de l’ONU au Congo, c’est un de ses convoi qui a été attaqué mardi soir exactement dans la même zone par des hommes suspectés d’appartenir à la rébellion des ADF, active dans la zone depuis plus de 20 ans. Le bilan provisoire est de deux morts et d’une dizaine de blessés dont un blessé grave.

C’est une heure environ après la tombée de la nuit vers 19h30 que l’embuscade a eu lieu. La patrouille composée d’une vingtaine de soldats tanzaniens progressait sur la route principale de la base de Mavivi à la sortie de Beni vers Mayimoya plus au Nord. L’attaque a eu lieu à une dizaine de kilomètres au sud de la ville d’Eringeti.

On dispose de peu de détails sur l’embuscade elle-même, mais le bilan provisoire est lourd : deux morts et dix blessés. Mardi soir, cinq soldats tanzaniens manquaient encore à l’appel.

Ces Casques bleus patrouillaient seuls, car depuis mars les forces armées congolaises (FARDC) ont suspendu les opérations et les patrouilles communes avec la Monusco dans tout le Nord-Kivu. Mardi soir, informés de l’embuscade, les FARDC ont envoyé des renforts sur place.

Cette attaque intervient un peu plus de 24 h après que l’hélicoptère du chef des forces armées onusiennes au Congo, se soit fait tirer dessus. Bien qu’il n’y ait aucune revendication pour l’instant, les Nations unies soupçonnent les rebelles ADF d’être responsables.

Sur Twitter, le chef de la Monusco Martin Kobler a fait part de sa « tristesse » et de « sa colère » suite à cette embuscade. C’est l’une des plus meurtrières depuis l’arrivée de la brigade d’intervention il y a deux ans en République démocratique du Congo.


La Monusco (Mission de l'ONU en RDC) patrouille le 5 novembre 2013 à Chanzu, au nord de Goma. La Monusco (Mission de l’ONU en RDC) patrouille le 5 novembre 2013 à Chanzu, au nord de Goma. © Junior D. Kannah/AFP

Deux soldats de la Monusco ont été tués mardi dans une embuscade près de Beni. Treize autres ont été blessés tandis que quatre sont portés disparus.

Les soldats décédés sont tanzaniens, selon l’ONU. “C’est avec tristesse et colère que je viens d’apprendre le décès de Casques bleus dans une embuscade près de Béni”, a annoncé le chef de la Monusco, Martin Kobler, sur son compte Twitter. Il a exprimé son soutien aux familles des victimes.

Dans un autre tweet, Martin Kobler a également rendu hommage aux “soldats de la paix tanzaniens qui sont morts”, promettant que la “Monusco va mener des opérations offensives robustes” dans la région où s’est déroulée l’attaque.

L’administrateur du territoire de Beni, Amisi Kalonda, a indiqué que l'”attaque” a ciblé un “convoi de soldats tanzaniens tombé dans une embuscade tendue par l’ennemi, l’ADF”, les rebelles musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées. Les soldats tanzaniens appartiennent aux quelque 3 000 hommes de la brigade d’intervention de la Monusco chargée de lutter contre les groupes armés locaux et étrangers actifs dans l’est de la RDC.

>> Lire aussi : “RDC – Massacre de civils à Beni : que font l’armée et la Monusco ?”

Selon Amisi Kalonda, l’attaque s’est déroulée dans la région d’Oicha, à une vingtaine de kilomètres au nord de Beni. Dans un communiqué, la Monusco précise quant à elle que l’unité de Tanzaniens est “tombée dans une embuscade sur l’axe Mavivi-Mayimoya, au village Kikiki situé à 11 km au sud d’Eringeti”.

À une vingtaine de kilomètres plus loin dans la zone de Kokola, l’armée affronte des rebelles de l’ADF depuis dimanche dans des combats à l’arme “lourde et légère”, a signalé l’armée, qui a fait état de “16 morts côté rebelles et de 4 morts et deux blessés côté FARDC”. La société civile du territoire de Beni n’a pas de chiffre quant aux pertes chez les rebelles, mais affirme que l’armée a esuyé de lourdes pertes: “28 morts parmi les FARDC, 22 blessés, 8 capturés”.

M. Kobler estime que ces deux attaques en 48 heures révèlent “l’impérieuse nécessité de relancer la coopération entre les FARDC et la Force de la Monusco pour la sécurisation du territoire de Beni”. Depuis le 1er janvier, soixante personnes au moins ont ainsi péri dans des attaques similaires dans le territoire de Beni ou en Province-Orientale.

(Avec AFP)

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