Commissions : face à face Sessanga-Nkulu, Fayulu-Kamerhe…

Suspendus le vendredi 08 décembre 2016, après leur ouverture le jeudi 07 décembre, les travaux du mini-dialogue piloté par la Cenco (Conférence Episcopale Nationale du Congo) ont reprise, comme prévu, hier mardi 13 décembre 2016 au Centre Interdiocésain. Afin de ne pas perdre du temps, les participants ont été repartis en  trois commissions, notamment « Décrispation politique », « Processus électoral » et « Réforme institutionnelle ».

Le hasard a fait que le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Alexis Thambwe Mwamba, qui avait lancé des poursuites contre l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga, se retrouve dans la commission « Décrispation politique » avec un de proche de Moïse Katumbi, le président de l’ARC et membre du G7, Olivier Kamitatu. On s’attend à des débats houleux au chapitre de la libération de tous les prisonniers politiques, de l’arrêt des poursuites contre les opposants et les activistes des droits de l’homme mais aussi du retour des exilés politiques au pays.

On rappelle que le Rassemblement considère que la décrispation politique devrait passer par des mesures de confiance, entendez l’arrêt des harcèlements, arrestations et interpellations de ses
membres et leurs militants, sans oublier la réouverture des médias fermés.
Quant à Félix Tshisekedi, il plaidera sans nul doute en faveur des militants de l’UDPS qui continuent à croupir dans les différentes cellules de Makala.
Dans la commission chargée du « Processus électoral », on attend ce mercredi matin le président de la CENI, Corneille Nangaa, pour exposer sur l’état des préparatifs des élections.
Hier mardi, les échanges étaient houleux entre les acteurs du Rassemblement et les signataires de l’accord de 18 octobre 2016. A l’issue des Travaux, Vital kamerhe, un des ténors de l’opposition
signataire de l’accord de Camp Tshatshi, a exhumé l’idée de l’organisation des élections en avril 2018 au regard des contraintes techniques soulevées jusque-là par le président de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante).
La réplique de Martin Fayulu a été immédiate. Conformément à l’option du Rassemblement, il a souligné haut et fort les élections auraient dû se tenir en 2016, tel que consigné dans le cahier de charges déposé sur la table des évêques. Pour cet opposant, les dirigeants de la Centrale électorale devraient « dégager », pour avoir bafoué une disposition pertinente de la
Constitution de la RDC qui rend obligatoire convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle 90 jours avant la fin du mandat du Chef de l’Etat en fonctions.
La commission sur la « Réforme des institutions » se penchera sur l’avenir des institutions actuelles, qui seront réputées illégitimes et illégales après le 19 décembre 2016. Dans cette commission siègent Christophe Lutundula et Delly Sessanga pour le compte du Rassemblement, deux fervents défenseurs du « Régime Spécial » appelé à palier la crise de légitimité qui devrait frapper bientôt
l’architecture institutionnelle actuelle de la République Démocratique du Congo.
Ces deux éminences grises de l’opposition non signataire de l’accord du Camp Tshatshi seront face à face deux durs de la Majorité Présidentielle, Adolphe Lumanu et Me Nkulu Kilombo. Le droit va être sérieusement secoué au sein de cette commission. On signale que bien avant les travaux en commissions, le Rassemblement a sollicité, sans succès, la retransmission en direct
des débats en plénière à la radio et à la télévision. Non seulement la Majorité Présidentielle mais aussi la Cenco ont trouvé inopportune pareille revendication.
Il faut noter le Mouvement de Libération du Congo (MCL) a claqué la porte de ce dialogue inclusif pour cause de sa sous représentation et celle de ses alliés. Aux dernières nouvelles, nous apprenons que leur quota a été revu à la hausse. Le dernier réajustement a finalement donné 16 participants pour les signataires de l’Accord du Camp Tshatshi et 16 pour les non signataires, soit 32 participants. Le nombre d’organes de presse et de journalistes chargés de la couverture des travaux a également été revu à la baisse.

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