Les douze rendez-vous africains de 2017

Du coup d’envoi de la CAN au Gabon au départ d’Ellen Johnson-Sirleaf, en passant par les législatives sénégalaises, d’Alger à Pretoria, JA fait le point sur le calendrier africain en 2017.

Janvier

Mali : Hollande au sommet

Les 13 et 14 janvier, Bamako accueillera le 27e sommet Afrique-France. Un événement symbolique à plusieurs titres : il s’agira du dernier du président français, François Hollande, et il se tiendra dans le pays qui fut le principal dossier africain de son quinquennat. Outre les questions de partenariat et de coopération économique entre la France et les pays du continent, ce sommet sera aussi l’occasion de faire le bilan de l’engagement de Paris au Mali depuis le déclenchement de l’opération Serval, en janvier 2013, et plus largement dans toute la bande sahélo-saharienne, autre axe fort de la politique sécuritaire de Hollande en Afrique.

Gabon : Coup d’envoi de la CAN

Après la défection de la Libye, le Gabon, seul organisateur cette fois-ci (il avait été associé à la Guinée équatoriale en 2012), a mis les bouchées doubles pour terminer à temps les infrastructures qui accueilleront la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN), du 14 janvier au 5 février. La 31e édition de l’événement sportif le plus suivi du continent verra s’affronter 16 équipes au cours de 32 matchs.

Themba Hadebe/AP/SIPA

Union africaine : la Commission change de tête

Élection du prochain président de la Commission, retour annoncé du Maroc, crises en RD Congo, au Burundi et au Soudan du Sud, financement de l’organisation… Le 28e sommet de l’UA, les 30 et 31 janvier à Addis-Abeba, s’annonce particulièrement riche, dans la continuité de celui qui s’est tenu à Kigali en juillet 2016.


Avril

Gambie : le scrutin aura-t‑il lieu ?

La situation qui prévaut en Gambie à l’heure où nous mettons sous presse ne permet pas de savoir avec certitude si les élections législatives pourront se tenir. Si oui, il s’agira de renouveler 48 membres sur les 53 que compte l’Assemblée (5 étant nommés par le président). Actuellement, l’APRC, le parti du président sortant, Yahya Jammeh, est ultramajoritaire à la suite du boycott de l’opposition lors des législatives de 2012. Si le président élu, Adama Barrow, est confirmé à la fonction suprême et que ce scrutina lieu, la physionomie de l’hémicycle devrait radicalement changer.


Mai

Algérie : le RND à l’assaut de l’Assemblée

S’il s’agit d’un test pour la présidentielle de 2019, il y a peu de suspense quant à l’issue des élections législatives prévues en Algérie en mai. La grande majorité des 462 sièges de l’Assemblée populaire nationale devraient revenir au Front de libération nationale (FLN, au pouvoir). Seule interrogation : le Rassemblement national démocratique (RND), deuxième force politique du pays, arrivera-t‑il à dépasser les 68 sièges obtenus en 2012 ?


Juillet

Sunday Alamba/AP/SIPA

Sénégal : Macky Sall, une majorité à confirmer

Avec 120 sièges sur 150, Benno Bokk Yakaar, la coalition du président sénégalais, M

acky Sall, aborde les prochaines élections législatives sereinement. La question est plutôt : l’opposition saura-t‑elle se structurer pour grignoter un peu plus de sièges ?

Congo : l’opposition jouera-t‑elle le jeu ?

Face à une majorité présidentielle soudée depuis le référendum constitutionnel de 2015, l’opposition congolaise, tendance Pascal Tsaty Mabiala ou Guy Brice Parfait Kolelas, devrait chercher une meilleure cohésion pour espérer remporter des sièges aux législatives. Mais sa partie radicale, incarnée notamment par Mathias Dzon et Claudine Munari, refuse toujours de reconnaître la réélection de Denis Sassou Nguesso, en mars 2016. Participera-t‑elle au scrutin ?


Août

Kenya : attention élections !

Les élections générales (législatives et présidentielle) seront un bon test pour savoir si le Kenya a tiré les leçons de la crise postélectorale de 2007‑2008. La coalition de 12 partis mise en place en septembre 2016 par le président sortant, Uhuru Kenyatta, donne à ce dernier de bonnes chances de l’emporter. D’autant que son principal opposant, Raila Odinga, fait face à une fronde dans sa propre coalition, ses alliés étant lassés de le voir perdre.

Rwanda : Kagame, encore et encore

Depuis le changement de Constitution, le président rwandais, Paul Kagame, au pouvoir depuis 1994, peut briguer le poste suprême jusqu’en 2034.

Steven Senne/AP/SIPA

Et même si l’histoire récente a prouvé qu’il faut toujours rester prudent, difficile aujourd’hui de le voir échoue

r à la présidentielle.

Angola : l’inconnue dos Santos

Ce pourrait être une élection historique. Après plus de trente-sept années de règne, le président angolais, José Eduardo dos Santos, a d’abord annoncé qu’il arrêterait la politique en 2018, soit un an après les prochaines législatives (qui aboutissent à la désignation du président). Puis, en août 2016, la nomination de son très consensuel ministre de la Défense, João Lourenço, au poste de vice-président du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir)a été perçue comme une passation avant l’heure annoncée. L’incertitude sur ses véritables intentions demeure, mais l’attente est grande.


Octobre

Liberia : bye-bye « Mam Ellen »

Vincent FOURNIER/Jeune Afrique

Seule certitude des élections générales (législatives et présidentielle) au Liberia, le départ de la première femme élue au poste suprême sur le continent, Ellen Johnson-Sirleaf. L’année 2017 sera donc celle

du bilan – assurément bon – des deux mandats de six ans de « Mam Ellen » et de la mise en orbite de son successeur annoncé, le vice-président Joseph Boakai. Face à ce dernier, l’ancienne star du ballon rond George Weah tente de réunir derrière lui l’ensemble de l’opposition.

Décembre

Afrique du Sud : qui après Zuma ?

La grande conférence quinquennale du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) désignera le nouveau chef du parti. Celui-ci deviendra son candidat pour les prochaines élections générales, en 2019, et donc très probablement le prochain président d’Afrique du Sud. Bien qu’en perte de vitesse, l’ANC devrait en effet encore remporter ce scrutin. L’actuel président, Jacob Zuma, est hors course, mais il devrait voter pour son ex-épouse et présidente sortante de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, l’une des favorites. Son principal rival n’est autre que le vice-président, Cyril Ramaphosa.

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